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Interpellation du Ministre des Infrastructures, des Transports et du Désenclavement

22 Jui 2020

Conformément aux dispositions des articles 144 alinéa 7 et 145alinéa 2 point 4 de la Constitution, et article 159 alinéa 2 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale, une question d’actualité a fait l’objet d’une discussion en séance plénière en ce jour 22 juin 2020.

La question posée par le Député Mahamat Saleh Ahmat Khayar au Ministre des Infrastructures, des Transports et du Désenclavement,  est relative aux promesses faites par le chef l’Etat pendant sa tournée dans la zone méridionale en février 2020.

En effet, lors de sa tournée, le Chef de l’Etat a lancé les travaux de construction du pont sur le fleuve Logone, reliant Bongor à yagoua au Cameroun, l’inauguration du Complexe Industriel des Abattoirs du Logone Occidental … ; Il a aussi promis dans ses discours la construction de la route Ndjoumane- Lai et bien d’autres routes sur toutes l’étendue du territoire pour le désenclavement intérieur et extérieur du pays.

Quel est l’état d’avancement des travaux de  construction des infrastructures promis par le Président de la République et quelles sont les stratégies adoptées par le Gouvernement pour  le désenclavement du pays parlant des routes transsahariennes et le corridor nord ? Telles étaient les  préoccupations de l’auteur de la question.

Répondant aux questions des Députés, le Ministre des Infrastructures, des Transports et du Désenclavement  Abderrahmane Mahamat Moukhtar, a tenu à rappeler que le Tchad, au regard de ses ressources limitées a fait appel aux partenaires techniques et financiers qui le soutiennent dans la mise en œuvre de la stratégie nationale des transports.

Au niveau intérieur, plusieurs projets routiers sont en cours d’études et de réalisations :

  • les routes, Moundou-Sarh-Amtiman et kyabé singako (en exécutions) ;
  • les routes Koumra- Moissala, Singako-Amtiman , Amtiman-Gozbeida- Abéché et Mongo-Amtiman (en études) .

Les travaux sur les routes  Ndjaména-Dourbali et Ngoura-Ndjamena-Bilala-Ati sont suspendus pour non paiement des décomptes.

S’agissant du désenclavement extérieur, les efforts sont entrain d’être faits par le gouvernement, soit pour reprendre certains travaux suspendus, soit pour rechercher des financements pour lancer les travaux, a laissé entendre le ministre :

  • Le corridor Ndjamena-Moundou-Koutéré frontière Cameroun (524 km) est revêtu depuis 2007. Sous le poids de l’âge et d’ l’intense trafic qui l’a dégradé, des travaux de renforcement sont entrain d’être fait. Cependant, il y est prévu une réhabilitation.
  • Le corridor ouest, Ndjamena-Bol-Frontière Niger (550km) est en exécution à plus de 50 pour cent;
  • Le corridor Est Ndjamena-Abéché-Frontière du Soudan est bitumé jusqu’à Abéché ; un avis de financement est lancé auprès des bailleurs pour son financement ;
  • Le bitumage de la route Kélo-Pala-Léré-Frontière Cameroun est réalisé jusqu’à Pala. Pour le reste l’Etat est encore en quête de financement ;
  • Des travaux d’aménagement et de bitumage sont en perspectives pour la route Mbaikoro-Goré-Frontière RCA. Cependant une étude de faisabilité pour la construction du tronçon Sarh-Sido-Frontière RCA est déjà lancé par la BDEAC ;
  • Deux projets ferroviaires : le projet soudanais qui doit nous relier à la mer rouge et le projet d’extension du chemin de fer camerounais vers le Tchad à partir du terminal de N’Gaoundéré dont les avis de recherche de financement sont déjà envoyés aux PTF.

Quant aux promesses du Chef de l’Etat sur la construction du pont sur le fleuve Logone entre Bongor et Yagoua au Cameroun dont il a posé la première pierre le 20 février 2020, les travaux préparatoires ont été entamés mais tout est suspendu à cause de la COVID19, affirme le ministre. Le projet de la construction de la route Djoumane-Lai, mis en sommeil en 2014 à cause de la crise financière est réintroduit dans le circuit d’approbation, conclut le ministre des Infrastructures.

Les députés se disent conscients des efforts du Gouvernement en matière de réalisations des infrastructures routières mais ils restent encore beaucoup à faire pour désenclaver le Tchad. Car selon eux, il n’ya pas de développement sans route. Ils déplorent le non entretien des routes et le non suivi des travaux déjà financés.

Sommes toute,  les députés exhortent le Gouvernement à réaménager les petits troncons entre les cantons pour faciliter le transport des vivres en cette saison de pluies, et se servir du Fonds d’Entretien Routier (FED) pour réparer les routes dégradées, sources d’accidents mortels qui endeuillent tous les jours de nombreuses familles.