Entretien avec ACHTA SELGUET, Député, ancienne ministre des affaires sociales, de l’enfant et de la femme

01 Mar 2020

“Les populations veulent faire l’expérience des femmes au Parlement”

Vous avez été plusieurs fois ministre et notamment en charge des Affaires sociales, de l’Enfant et de la Femme. L’évolution de la place des femmes a l’Assemblée Nationale correspond elle, selon vous, a celle de la société tchadienne ?

En effet, mon passage au Gouvernement en tant que ministre de la Femme, de l’Enfant et des Affaires Sociales m’a permis de bien cerner ces problématiques dans le monde en général, ainsi au en Afrique et au Tchad en particulier.

J’ai suivi une formation sociale, spécialisée en développement communautaire, et après mes études à Lomé au Togo, j’ai commencé à travailler au sein même du ministère des -Affaires sociales et de la Promotion féminine. J’ai gravi tous les échelons, pour y arriver au poste de chef de département, j’ai été assistée dans mes taches par plusieurs conseillers techniques en matière de développement et de droit de la femme et de l’enfant, ce qui m’a permis d’élargir deux projets de loi ; le premier sur la politique de l’intégration de la femme au développement, qui entend renforcer les stratégies de promotion et de responsabilisation des femmes tchadiennes dans la gestion de affaires publiques et l’autre sur le droit de l’enfant. Mon passage au gouvernement m’a donné des idées claires et nettes sur mes activités ministérielles, parce que dans l’exercice de ces fonctions, j’avais participe à plusieurs conférences des femmes leaders en Afrique et dans le monde, en prélude de la quatrième conférence mondiale sur les femmes, organisée à Beijing en 1995.

Pour assumer notre responsabilité, le ministère, les femmes des associations et les autres femmes responsables, avons conjugue nos efforts au sein d’un comité ad hoc pour faire plaidoyer, ainsi que du lobbying dans les couloirs du parlement provisoire de l’époque, afin de promouvoir l’adoption de deux lois en questions avant de nous rendre à la Conférence.

L’évolution de la place de la femme à l’Assemblée Nationale depuis la première législature jusqu’à la troisième législature dont je fais partie, le combat des femmes au sein de leurs parties respectives pour être retenues comme candidates et figurer en tête de liste n’était pas chose facile, mais avec beaucoup de tact nous y sommes arrivées et c’est un grand pas dans l’histoire du Tchad.

Pouvez nous préciser le rôle du Réseau des Femmes Ministres et Parlementaires du Tchad ?

Le réseau des Femmes Ministres et Parlementaires du Tchad est une section du Réseau des Femmes Ministres et parlementaires Africaines qui est né en aout 1995 au Burkina Faso, a la veille de la Conférence de Beijing. Ce réseau a été créé pour permettre aux femmes africaines ministres et parlementaires de coordonner leurs actions afin d’être en capacité de traiter les problématiques des femmes et des enfants du continent. Les consignes données aux ministres en charge des femmes et aux parlementaires ayant pris part à cette assise, étaient de constituer des réseaux nationaux afin d’inventorier l’ensemble des problèmes relatifs aux femmes et aux enfants dans leurs pays respectifs. Ainsi le REFEMP/T a vu le jour en 1999. Le rôle principal du REFEMP/T est de plaider au plus haut niveau, afin d’amener les décideurs à prendre en compte la dimension femme dans les instances de prise de décision, de faire de suivi des conventions et des lois en faveur des femmes et des enfants, de leur application et de la vulgarisation des instruments internationaux adoptes par le Tchad.

Quelles sont les actions que ce réseau met en œuvre pour contribuer notamment à la réduction de la mortalité maternelle et pour promouvoir la sante de la mère et de l’enfant ?

Le REFEMP/T depuis sa création, a mené des actions positives à l’égard de la femme, des enfants et des personnes en général.

Voici quelques exemples :

Plaidoyer auprès de l’Assemblée Nationale en vue de l’adoption de la loi 06/PR/2002 sur la santé de la reproduction, l’interdiction de la mutilation génitale féminine, la torture et le mariage force ou précoce ;

Plaidoyer auprès de l’Assemblée Nationale pour l’adoption de la loi 19/PR/2007 portant lutte contre le VIH/SIDA/IST et la protection du droit des personnes vivant avec le VIH/SIDA ;

Vulgarisation des lois 06/PR/2002, 19/PR/2017 et surtout la 19/PR/1995 portant l’adoption de la politique nationale de l’intégration de la femme au développement, qui entend renforcer les stratégies de la promotion et la responsabilisation de la femme tchadienne dans la gestion des affaires publiques aussi bien en province qu’au niveau central.

Nous préparons actuellement un plaidoyer en faveur de la consolidation de la sécurité et de la paix, dans le cadre de la Charte africain des droits de l’Homme et des peuples.

De quelle façon les femmes parlementaires, par leur travail à l’Assemblée Nationale et sur le terrain, peuvent-elles contribuer à promouvoir l’égalité entre hommes/femmes ?

La troisième législature compte 28 femmes parlementaires réparties dans 16 régions sur les 23 du pays. Je dirais que chacune d’entre nous travaille sur le terrain selon les besoins exprimés par la population de sa localité. D’après ce que je sais, beaucoup font de l’encadrement a la base : des femmes, des jeunes et des hommes, en général par les causeries débats.

Celles-ci permettent de prodiguer des conseils sur l’organisation locale, la lutte contre l’exode rural des jeunes, l’envoi des filles et leur maintien à l’école, et sur la formation sur les activités génératrices de revenus, en cherchant les financements auprès des partenaires au développement. Leur intervention consiste également à offrir des point d’eau a la population, encourager les jeunes dans leurs activités sportives, projeter des films éducatifs et favoriser les échanges d’expériences avec d’autres pays africains ou encore à fournir une aide matérielle et financière aux villages qui veulent construire des salles de classe.

A l’Assemblée Nationale, lors de l’interpellation des ministres sur certains problèmes de société brulants comme la santé, l’éducation, la cherté de la vie, les femmes parlementaires en charges de ces domaines, soit en leur donnant des conseils pratiques, soit en incitant à accroitre le travail réalisé.

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