Sahoulba Gontchomé (1916-1963)

02 Mar 2020

Né le 16 octobre 1916, Sahoulba Gontchomé est le 29e fils de Gontchomé II, le chef coutumier des Moundang. Après l’école primaire, il a travaillé à l’intendance militaire à Fort-Lamy, ce qui lui a permis de tisser de bonnes relations dans le milieu des Européens du Tchad. En 1946, Sahoulba exploite ses relations avec l’administration coloniale pour déposer son neveu Sahulné et se hisser au pouvoir à Léré (mai 1946), à la fois comme Gon et chef de canton.

La carrière politique

La carrière politique de Sahoulba a commencé l’année même de sa double intronisation (1946) par son élection au Conseil représentatif, ancêtre de l’Assemblée législative. Au sein de ce conseil, Sahoulba va côtoyer des Européens et des Africains parmi lesquels de nombreux autres notables. Simple militant de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT), il a su peu à peu tisser de solides liens d’amitié et accroître son influence tant au niveau du parti que du Conseil. Sous son emprise le Mayo-Kebbi est resté un bastion de l’UDT-RPF de 1946 à 1959.

Son ascension politique commence avec son élection comme sénateur de la République française, le 9 novembre 1951. À partir du 30 mars 1952, il renforce son influence locale en se faisant élire conseiller à l’Assemblée territoriale du Tchad. Le 10 décembre 1954, il fonde avec Malbrant (un Français) son propre, l’action sociale tchadienne (AST) tandis qu’il réussit difficilement à se faire réélire au Sénat (19 juin 1955).

Si depuis 1946, il semble évoluer politiquement sous le parrainage des caciques européens de UDT (Rogué, Malbrant, etc.), l’année 1956 marque son émancipation de cette tutelle. Le 8 mars 1956, il crée, d’autres personnalités, une dissidence (AST-Sahoulba) et signe une alliance électorale avec le PPT. Aux élections, à l’Assemblée territoriale du 31 mars 1957, sa formation remporte 9 sièges. Ce résultat éclatant renforce son prestige. Le 14 mai, il est élu président de l’Assemblée territoriale du Tchad, en vertu de l’      accord avec le PPT : il devient ainsi la troisième personnalité du Tchad.

L’éphémère premier ministre

Le 30 janvier 1959, Sahoulba retire son soutien au PPT en faisant basculer la majorité du côté de l’opposition. Conséquence : le 10 février, le gouvernement Lisette est renversé. Le 11 février, Sahoulba est élu premier ministre. Mais son gouvernement est boycotté par le PPT et critiquer de toute part. Il est obligé de donner sa démission un mois seulement après son investiture (le 12 mars 1959) pour devenir simple ministre dans les gouvernements d’Ahmed Koulamallah puis Tombalbaye (mars-juin 1959). Lors de l’accession du Tchad à l’indépendance, il se retire de la scène politique et se fait discret. De 1960 à 1963, il a été consul général du Tchad à Yaoundé. Il est décédé 13 novembre 1963.

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