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Entretien avec ROMADOUMNGAR FELIX NIALBE, Président du groupe parlementaire URD à l’Assemblée Nationale du Tchad

01 Mar 2020

“Il faut du temps pour redonner aux Tchadiens la confiance en leurs élus”

L’un des membres de votre Groupe affirmait récemment que « les efforts de chaque jour accomplis dans le travail parlementaire ne pourraient véritablement et réellement être apprécies que lorsque l’évolution qui s’opère dans la société aura affecté positivement des idées… » pouvez-vous développer ?

Le travail parlementaire s’exerce ici au Tchad dans un contexte particulier et sensible.

Particulier, en ce que le pays vient de sortir d’une longue période caractérisée par les conflits armes qui ont tourné la page de la pratique parlementaire. Et il faut du temps pour redonner aux Tchadiens le sentiment du vouloir vivre collectif et la confiance en leurs élus.

Du fait que les diverses communautés qui coexistent dans ce pays réapprennent à s accepter dans leur spécificité. C’est un effort qu’il faut cultiver tous les jours.

C’est à dire que le poids des pesanteurs socio-politiques influe encore négativement sur la qualité du travail parlementaire, le député est, dans sa circonscription électorale, le principal pourvoyeur des ménages, le distributeur des biens aux indigents et le redresseur de torts.

La société tchadienne évolue tous les jours, eu égard au train de vie de nombre de nos concitoyens et au regard de nombreux textes législatifs que l’Assemblée Nationale vote pour le mieux-être des Tchadiens. Étant considérés comme des civilises, notre mode de vie et de comportement devrait refléter ce nouveau standing.

Malheureusement, notre mentalité demeure, hélas, celle du groupe social de notre appartenance ou les individus s encouragent à défendre et à cultiver des valeurs universellement combattues.

Ce comportement est une entrave majeure a la volonté collective des Tchadiens de bâtir une nouvelle société répondant aux normes démocratiques. C’est un apprentissage fastidieux certes mais qui favorisera l’assise réelle et un bon encrage d’une société tchadienne véritablement démocratique.

Comment concevez-vous votre rôle de président de Groupe parlementaire d’une part vis-à-vis de ses membres et d’autre part des autres présidents ? quel est le type responsabilité que vous exercez ?

Ce rôle est clairement défini par le Règlement intérieur de l’Assemblée Nationale et je ne saurais y ajouter ni retrancher quoi que ça soit.

Vis-à-vis de ses membres, il est en quelque sorte le coordinateur et l’animateur du travail parlementaire au sein du Groupe qu’il préside. Il veille au respect des règles relatives à la participation aux activités, aussi bien en plénière que dans les commissions permanentes ou spécialisées. Il veille également aux bons rapports entre les députés et aux électeurs.

Vis-à-vis des autres présidents, le président de Groupe parlementaire est leur plus proche collaborateur apprécie et discute avec eux de tous les aspects de problèmes parlementaires ou socio politiques du pays qui lui sont soumis.

L’existence de votre Groupe parlementaire est-elle récente ? quel rôle souhaiteriez-vous qu’il joue, à l’avenir, au sein de l’Assemblée ?

L’existence du Groupe parlementaire URD n’est pas récente : déjà sous la première législature de 1997 à 2002, l’URD avait eu 29 députés pour former un Groupe parlementaire. C’est à dire qu’il n’est pas nouveau sur la scène politique tchadienne et c’est aussi pour la seconde fois en trois législatures que cette formation politique dispose, au niveau de l’Assemblée Nationale, d’un Groupe parlementaire. C’est à dire qu’il n’est pas nouveau sur la scène politique tchadienne et c’est aussi pour la seconde fois en trois législatures que cette formation politique dispose, au niveau de l’Assemblée Nationale, d’un Groupe parlementaire.

Notre souhait est que ce Groupe s’implique davantage dans le travail parlementaire pour y puiser des expériences profitables au pays afin d’assoir une pratique parlementaire attrayante.